La non-sélection de Stéphane Ouaiche au JO : Une décision injuste et scandaleuse

lundi 16 mai 2016
par  USF Tennis de Table
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C’est avec stupéfaction que l’USF Tennis de Table a appris la non-sélection de Stéphane Ouaiche pour les JO de Rio. Sociétaire du PPC Villeneuve depuis 4 ans, Stéphane a fait ses armes (de Poussin à Junior) dans notre club avec Danijela Grkovic et Stéphanie Jourdan comme entraineurs.

Stéphane est Champion de France en titre (en simple et en double !), finaliste en 2015 et champion en 2014. Ainsi, la FFTT a décidé de ne pas sélectionner le Champion de France au bénéfice d’autres joueurs (en l’occurrence Tristan Flore et Benjamin Brossier qui ne sont pas responsables de cette décision inique). Peu de sports, pour ne pas dire aucun, n’ont osé cela.

Cette non-sélection est une énorme déception en premier lieu pour le principal intéressé : Stéphane Ouaiche, et son entraineur depuis 4 ans Julien Girard. Tous les commentaires et analyses vont dans le même sens : ce qui est reproché à Stéphane, c’est de ne pas être sociétaire de l’INSEP. Et c’est tout ce que cela exprime en creux qui nous est insupportable : la FFTT ne tolère pas que des joueurs puissent émerger en dehors de leur système de formation. Elle ne tolère pas que les clubs puissent produire un meilleur niveau que celui produit par sa propre structure. Et pour le montrer, elle n’hésite pas à balayer d’un revers de main tout le travail et le niveau de Stéphane Ouaiche en refusant de le sélectionner pour Rio (mais ce n’est pas la première fois : cf les championnats du monde par équipe) alors même qu’il remplit toutes les conditions pour l’être.

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Le club de l’USF TT est 1er club de France en nombre d’adhérent. Il est reconnu comme un lieu de formation -et ce n’est pas le seul club dans ce cas évidemment- qui permet de faire émerger les champions de demain. Sans clubs, pas de joueurs. Ce que la Fédération semble régulièrement oublier.
Le club de PPC Villeneuve est aussi reconnu pour la qualité de ses infrastructures et sa politique de formation/d’entrainement qui permet aux meilleurs joueurs de progresser.

Mais l’USFTT et PPCV ne sont pas l’INSEP. Et c’est visiblement un problème dans le système français qui centralise sur un lieu unique plutôt que de s’appuyer sur des centres d’entraînements divers qui seraient d’une grande richesse. Sportivement, cela aurait du sens : le tennis de table est basé sur l’adaptabilité des joueurs à différents systèmes de jeu et différentes cultures de jeu, et tout cela est perdu en mettant les joueurs dans un carcan identique. Il y a largement assez de bons joueurs en France pour qu’il existe plusieurs centres d’entraînements ! Des centres qui peuvent être gérés par des clubs et/ou en « interclubs » d’une même zone. Et cela doit se faire avec le soutien de la Fédération qui aurait alors une politique d’inclusion plutôt que d’exclusion des joueurs formés hors d’un unique centre fédéral.

Les clubs ne sont pas des entités qui vivent toutes seules : entraineurs, dirigeants bénévoles ne comptent pas leurs heures pour permettre le développement d’un sport auquel ils croient. Le tennis de table est une école de la vie, un sport qui apprend le respect, la patience, la maitrise de soi, la cohésion et le vivre ensemble.

La politique de l’USF TT, soutenue financièrement par la municipalité de Fontenay sous Bois, est d’encourager le sport de masse, d’enseigner le plus largement possible ces valeurs, de promouvoir le travail et l’implication comme clés de la réussite. Et la reconnaissance viendra ensuite. Certaines de ces valeurs semblent avoir été bafouées dans la sélection olympique.
Stéphane Ouaiche est un exemple pour nombre de jeunes joueurs de notre club. Sa non-sélection est vécue comme une véritable injustice qui donne une image déplorable de la Fédération. Les impossibles explications du DTN -qui n’aura même pas l’élégance de dire un mot pour Stéphane sur le site de la FFTT- ne peuvent rien contre ça.

Lors des 4 dernières années, notre nombre d’adhérents n’a cessé de progresser, passant de 370 en 2012 à 430 en 2016. Nous avons toujours joué « le jeu » de la Fédération, puisque tous ont une licence à la FFTT. Et cela dans un contexte morose avec une baisse globale du nombre d’adhérents au niveau national. Malgré cela, depuis 4 ans, nous n’avons pas mémoire d’un geste d’intérêt de la FFTT envers notre club ou ses dirigeants. C’est même à plusieurs reprises l’inverse qui s’est produit : la sensation désagréable d’être pris de haut.

Que dire pour conclure ? Comme il serait également injuste de notre part de caricaturer l’action de la Fédération, notons que des choses positives ont été faites ces dernières années : campagne de développement, communication moderne, mise à disposition d’outils pour les clubs. Mais dans le futur, pour se développer, la FFTT devra s’appuyer plus largement sur les clubs, mieux les écouter. Il faudra les encourager plutôt que les pénaliser. S’ouvrir plutôt que se renfermer.
Elle devra nous donner le sentiment d’appartenance qui nous manque désormais cruellement.

Christophe Dague
Président de l’USF TT


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